Quelques photos illustrant la conférence nationale des aîné(e)s

Une vue de la table d'honneuravec le professeur Abdoulaye Bathily très en verve

Une partie de la salle de l'UPIS avec quelques aîné(e)s

Abdoulaye Bathily s'adressant aux aîné(e)s
En marge du mouvement national des aîné(e)s
SITUATION - La LD/MPT dresse le bilan de l’Alternance : Le Sénégal recule dans tous les domaines
De l’économie à la justice en passant par le processus électoral, le Sénégal recule sur toute la ligne. Un constat fait par le Professeur Abdoulaye Bathily qui a dressé le bilan du gouvernement de l’Alternance en marge de la première conférence des aînés de son parti.
Samedi 25 mars, alors que les femmes libérales fêtent l’an 6 de l’alternance, les aînés de la Ligue démocratique, Mouvement pour le parti du travail (LD/MPT) tenaient également leur première conférence nationale. Dans l’auditorium de l’école Sénégalo turque, Yavuz Sélim, peint aux couleurs du Jallarbi, plein à craquer, des centaines de vieux, de femmes, et de jeunes papotent et plaisantent. L’ambiance est détendue, un peu comme dans un amphithéâtre avant l’arrivée du professeur. Soudain, après un brouhaha général, et un bruit de chaises, le silence se fait. La masse se lève et se fige dans une attitude qui n’est pas sans évoquer le garde-à-vous, et entonne en chœur après quelques secondes de standing ovation : «Jallarbi, Jallarbi.»
A pas vifs, emmitouflé d’un grand boubou blanc, assorti des semelles de la même couleur, Abdoulaye Bathily, accompagné de son état-major politique, vient se placer en bout de la table officielle. Droit, sur son siège, le leader de la LD/ MPT profite de cette tribune des «sages» de son parti pour dresser le bilan de Wade après six années de pouvoir. Un tableau sombre, car tous les indicateurs de développement sont en berne et le Sénégal recule dans tous les secteurs. «C’est normal qu’un pays géré de façon gabégique et opaque traîne les pieds», lance, écœuré, le chef de file des Jallarbistes.
Sur le plan économique, certaines entreprises tournent au ralenti comme la Senelec, la Sar alors que d’autres comme les ICS, la Sococim et la Sonacos sont tout simplement menacées de fermeture à cause d’une mauvaise politique de développement et de gestion. «Les ICS ne fonctionnent plus et il y a plus de 2 500 travailleurs qui se trouvent à l’agonie. Le gouvernement a pris toutes les dispositions pour fermer la Sococim, et la Sonacos est en train de tuer volontairement les paysans. Où est-ce que le Sénégal va si ce rythme de la crise ne s’estompe pas, car ces entreprises sont des fleurons de notre économie», s’interroge Abdoulaye Bathily.
Le Sénégal, pays de corruption. Un sujet largement abordé par le Professeur Abdoulaye Bathily. Et à l’intention de ceux qui s’interrogent, le leader de la LD/MPT se veut catégorique. «Toutes les organisations de lutte contre la corruption le montrent. Le dernier rapport en date et qui accable notre pays est celui de «Aide transparency International» qui a publié un livre sur les chantiers de Thiès dans lequel il est précisé que les règles élémentaires de gestion et de comptabilité ne sont même pas respectées», se désole-t-il. Mieux, pour étayer ses propos sur la situation de la corruption au Sénégal, il rappelle les déclarations de l’Inspectrice générale d’Etat, Nafi Ngom Keïta, qui avait déclaré que plusieurs comptes étaient ouverts au nom du Sénégal dans des banques étrangères. «C’est dramatique qu’on dilapide ainsi les deniers publics. Mais, ce qui est plus grave est qu’à la suite de ces déclarations, l’Etat n’a pas réagi. Nous sommes vraiment mal gouvernés», regrette-t-il.
La gestion de l’Anoci a été également décriée par les Jallarbistes. Pour Abdoulaye Bathily, l’Anoci ne travaille pas sur la base des lois et règlements du code des marchés publics, car son budget est inclus dans celui de la présidence de la République. «Malheureusement, les corps de contrôle de l’Etat et l’Assemblée nationale n’ont pas accès au budget de la Présidence. Et cela constitue une méthode subtile pour détourner l’argent du pays comme le sont les grands travaux du Chef de l’Etat. C’est juste pour permettre aux autres d’en tirer des strapontins financiers», tonne Abdoulaye Bathily.
Quant au système judiciaire, il semble avoir perdu sa crédibilité aux yeux de la LD/MPT. A côté, des dossiers gênants de l’Etat, comme l’affaire Talla Sylla, ou celle de Mbaye Diouf sur les audits, l’image du Sénégal a reçu un sacré coup avec cette «libération rocambolesque d’Idrissa Seck. On l’a libéré avant même l’annonce du verdict. Et, les gens parlent de deal entre lui et le président de la République. Ça n’honore pas la justice sénégalaise», note-t-il.
Par ailleurs, sur la situation du processus électoral, le constat est également amer. La CENA est dépourvue de moyens, les inscriptions sur les listes électorales connaissent des retards énormes, toutefois avertit le Professeur Bathily, «s’ils veulent la paix, il faut organiser des élections transparentes, calmes et démocratiques. Au cas contraire, nous allons prendre nos responsabilités».
Bocar SAKHO - (Journaliste au Quotidien)