APPEL AU DIALOGUE POLITIQUE
L’OPPOSITION SURSEOIT A LA RENCONTRE AVEC WADE :
JEU DE DUPES OU CARTE DE LA PRUDENCE ?
Par : Jean-Pierre MANE,
La rencontre initialement prévue entre le chef de l’Etat et l’opposition est finalement reportée sine die. L’opposition refuse de tomber dans les piéges du Président Wade. Conséquence : Tanor, Dansokho, Bathily et Niasse…souhaitent d’abord indiquer au chef de l’Etat les questions sur lesquelles devront porter les discussions. L’opposition refuse de tomber dans les travers d’un dialogue de plus. Invités par le président de la République autour d’une table, demain mercredi 15 mars, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Amath Dansokho, Abdoulaye Bathily et d’autres mastodontes de l’opposition ont décidé de faire faux-bond au locataire du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor. Ayant toujours en travers de la gorge leur dernière rencontre avec Wade, un face à face qui n’avait accouché que d’une souris, les leaders du CPC, du G10 et la LD, veulent, cette fois, aller sur des bases solides, avec un ordre du jour précis et bien ordonnancé. Somme toute, les amis de Dansokho souhaitent évaluer les modalités du dialogue dans le cadre d’une commission paritaire. Si l’on en croit le porte-parole du jour, Mbaye Diouf, par ailleurs secrétaire général du Front pour la démocratie et le progrès (Fdp), « la date du 15 (ndlr., demain) est très juste pour plancher sur les questions qui devront faire l’objet des discussions avec le président de la République ». L’ancien ministre des Ressources animales sous Diouf informe qu’une lettre sera envoyée aujourd’hui même au chef de l’Etat et dont le contenu portera sur les modalités de la rencontre et l’atmosphère dans laquelle l’opposition souhaite échanger avec le locataire du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor. En fait de correspondances, il ne fait aucun doute que l’opposition mettra l’accent sur le processus électoral, notamment le respect du calendrier républicain, c’est-à-dire l’organisation des élections législatives en 2006, et, du coup, la non promulgation de la loi portant prorogation du mandat des députés. A n’en point douter, le dialogue pourrait buter sur ce point. Le porte-parole du jour rappelle, non sans regret, que la Commission paritaire proposée par Me Wade lui-même, est morte de sa belle mort. Aussi garde-t-il en mémoire les engagements auxquels le Président Wade a souscrit sans jamais les respecter. Pour éviter de tomber dans un piége habilement tendu, Niasse, Tanor, Dansokho, Bathily et consorts semblent jouer la carte de la prudence.
Source : L’Observateur, éd. du Mardi 14 mars 2006
URL : http://www.lobservateur.sn/articles/showit.php?id=7896&cat=actualite (consulté le 14 mars 2006)
AUDIENCE PRESIDENTIELLE : L’opposition réclame un ordre du jour
Par : Madior FALL
Le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade avait fait montre de sa disponibilité à accorder le jeudi 15 mars prochain, audience à son opposition, toutes tendances confondues. Celle-ci réclame à la place d’une discussion à bâtons rompus, un ordre du jour spécifique arrêté d’accord partie. Ses leaders réunis hier au domicile de Amath Dansokho, ont décidé d’en informer le président de la République.
Me Abdoulaye Wade, président de la République avait saisi les dirigeants des formations regroupées au sein du Cadre permanent de concertation (CPC), du G10 et de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (LD/MPT), par écrit en les invitant à le rencontrer le jeudi 15 mars prochain. Réunis hier, lundi 12 mars pour harmoniser leur position sur la question, ces derniers, tout en ne récusant point le principe de l’audience, ont signifié leur préférence pour un ordre du jour d’accord partie, défini. Ils ont, en conséquence, décidé de faire part au chef de l’Etat par voie épistolaire, de leur souci de voir se monter des commissions techniques chargées d’éplucher cet ordre du jour avant toute rencontre, informe Mbaye Diouf membre du G10, porte-parole de la rencontre à sa sortie.
Les adversaires politiques du Secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais (Pds) et non moins, chef de l’Etat du Sénégal, semblent vouloir ainsi, à défaut, d’être les maîtres du jeu, des acteurs conscients de celui-ci et non de simples faire-valoir proposés aux spots de la télévision dans un décorum qu’ils n’auront pas choisi. Toujours est-il qu’ils ont décidé en réponse à la proposition présidentielle de lui fournir rapidement leurs contre-propositions.
Source : Sud Quotidien , éd. du Mardi 14 mars 2006
URL : http://www.sudonline.sn/politique.php (consulté le 14 mars 2006)
RENCONTRE PARTIS POLITIQUES- MINISTRE DE L’INTERIEUR Me Ousmane Ngom « cadenassé » par l’opposition
Par : Harouna FALL
La rencontre tant sollicitée par les partis de l’opposition a finalement eu lieu hier. Une occasion saisie par les responsables des partis de l’opposition réunis dans le cadre du CPC-G10-LD/MPT de bien « cadenasser » le ministre de l’Intérieur Me Ousmane Ngom sur beaucoup de questions liées au processus électoral qu’ils avaient tenu à vider. Selon des sources qui ont pris part à cette rencontre, les représentants des partis de l’opposition n’ont pas fait dans la langue de bois pour dire leurs quatre vérités au ministre de l’Intérieur. Ils l’ont assommé de questions très pointues sur le processus électoral. Et tous les problèmes rencontrés jusque-là par les commissions électorales. Ce qui fera dire à l’une d’elles que : « Aujourd’hui on a cadenassé le ministre de l’Intérieur ». Parmi toutes les questions qui ont été posées au ministre Me Oumane Ngom, celle liée à la vacance du pouvoir de Me Abdoulaye Wade a le plus marqué les débats. Selon nos sources : « quand on lui a posé la question de savoir si le président de la république venait à quitter le pouvoir soit par démission ou pour cause de décès, est-ce que le ministère de l’Intérieur est prêt à organiser des élections ? ». « Me Ousmane Ngom ne savait pas quoi dire. Il a répondu en disant qu’on a presque un fichier et qu’on pourra tenir des élections dans les 90 jours ». Un discours qui n’a guère convaincu les partis de l’opposition lesquels pensent tout à fait le contraire. Aussi, la question des problèmes survenus au niveau des inscriptions sur les listes électorales dans le monde rural où les commissions fixes sont supprimées pour laisser la place à une commission mobile par arrondissement a amené les représentants des partis de l’opposition à « prendre presque au collet » Me Ousmane Ngom pour qu’il prenne l’engagement d’y remédier. Ce qu’il fera, ont confié nos sources, non sans dire qu’elles attendent de voir comment cet engagement sera mis en œuvre. Pour les questions liées au manque de moyens de la CENA, les représentants des partis de l’opposition ont regardé Me Ngom les yeux dans les yeux pour dire : « vous êtes responsable de cette situation. Vous êtes le représentant du gouvernement, donnez les moyens à la CENA de faire correctement son travail ». Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, Me Ousmane Ngom range cette rencontre dans le cadre du dialogue permanent autour du processus électoral. Tout en disant prendre l’engagement de créer : « 155 nouvelles commissions cette semaine et 100 autres la semaine prochaine pour couvrir toutes les communautés rurales et rapprocher les populations des commissions ».
Source : L’Observateur , éd. du Mardi 14 mars 2006
URL : http://www.lobservateur.sn/articles/showit.php?id=7893&cat=actualite (consulté le 14 mars 2006)